Page en construction (les numéros 1,2,3, etc représentent simplement l’ordre d’arrivée des témoignages et non l’importance de ceux ci) et ouverte à nouveaux témoignages… l’idée de cette page est d’illustrer la multitude de réponses possibles et complémentaires à la fameuse question : « le clown… c’est quoi pour toi ? »clown-army-popstars

Dario Fo, dramaturge/bouffon : « Les clowns parlent toujours de la même chose, ils parlent de la faim : faim de nourriture, faim de sexe, mais aussi faim de dignité, faim d’identité, faim de pouvoir. Ils demandent en fait qui commande, et qui proteste. » 

Selon wikikipedia : Le mot « clown » emprunté à l’anglais, vient du germanique klönne signifiant homme rustique, balourd, depuis un mot désignant, à l’origine, une motte de terre1. En anglais, on trouve aussi clod et clot, signifiant aussi bien motte que balourd, plouc. Le mot anglais clown a d’abord désigné un paysan puis un rustre. Au XVIe siècle il est passé dans le vocabulaire du théâtre pour désigner un bouffon campagnard. Lire la suiteClownsAreMe

Giovanni Fusetti dans « Au commencement était le Clown. Le voyage du Clown, entre Art, Théâtre et Thérapie », Mémoire de fin de formation à l’École Parisienne de Gestalt, Paris, 1999 : Le mot « clown » dérive de l’anglais « clod » dans le sens « colon, fermier, paysan rustre et balourd », qui fait rire dans les foires paysannes. La signification originale est en effet « motte, morceau de terre ». Le clown, être de Terre, serait une évolution d’Adam, fait de terre, le (soit disant?) premier humain. Le clown est une forme, une forme de terre, création de chair, l’humain parfait dans ses imperfections. Si le héros tragique se tient debout, le clown se laisse tomber par terre. Donc, le paradoxe total, le lâcher prise fondamental, la suprême humilité du clown est de reconnaître que « tout va bien » comme il est. Que la vie, dans l’ici et maintenant, est vraie, juste, parfaite. Ou tout simplement, elle est. Être éveillé.e, c’est être conscient.e d’être ce que l’on est. La conséquence première de ce lâcher prise fondamental est le rire…

(Cirque du soleil) “Le clown est un virtuose de la présence et de l’émotion, à la frontière entre le tragique et le comique. C’est la quintessence du jeu et de l’abandon, la condition humaine sublimée dans un acte créateur qui vient bousculer l’ordre établi.”

Henri Miller :  » Le/La clown, c’est le/la poète en action. Il/elle est l’histoire qu’il/elle joue.
La/le clown exerce sur moi un profond attrait (bien que je ne m’en sois pas toujours douté), justement parce qu’entre le monde et lui/elle se dresse le rire. Son rire à lui, à elle, n’a jamais rien d’homérique. C’est un rire silencieux sans gaieté comme on dit. Le/la clown nous apprend à rire de nous mêmes. Et ce rire là est enfanté par les larmes ».

Henri Michaux : Clown… Un jour. Un jour, bientôt peut être. Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers. Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche. Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler. D’un coup, dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements de « fil en aiguille ». Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier. A coup de ridicules, de déchéances, par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, si semblables. Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille. Ramené au dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter. Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime. Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité. CLOWN, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fais de mon importance. Je plongerai. Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert à tous, ouvert à moi même, à une nouvelle et incroyable rosée… À force d’être nul. Et ras… Et risible… clowns151212-2

Bonaventure Azam, extraits de Culture Clown n°15, pages 6 et 7 : Le clown, le bouffon, l’huamoureux, le poète, le révolté nous aident. La poétique pratique clownesque, bouffonne, critique, est nécessaire et agréable à l’enrichissement de nos existences, à l’émancipatrice transformation de nos personnes, comme à la transmutation de rapports sociaux marchandisés. Elle ne doit pas être seulement une spécialité artistique, mais tendre à irriguer la totalité de nos présents ainsi que la socialité. (…..) L’artistique affaire commune à l’action-clown, à la poésie transfiguratrice, à la socialisation libère Terre, c’est la vivification de nos existences, l’ici et main-tenant vécu au plus près de nos sensations et émotions, de notre imagin’action réflexive. Spontanéité et conscience sont de la partie pour concrétiser la prééminence du présent orienté vers un futur désirable. Une histoire aimable…(….) Il nous échoit de devenir improvis’acteur poétique de nos vies. Il s’agit de participer à la création d’un notre monde, libéré du tyranaushomme, de sa misère, ses guerres, son injustice perverse : les « pauvres » (en fric) entretiennent les « riches » (en capitaux et inhumanité). La réalité contemporaine nécessite d’émanciper nos je-u ; d’inventer de nouvelles règles du jeu social… avec lesquelles nous puissions jouer librement. Construisons d’émouvantes et enrichissantes situations, afin de pouvoir « vivre sans temps morts et jouir sans entrave ». Un étrange attracteur spécifique oriente nos boussoles internes. Je l’appelle joueur de l’Humain. Il/elle est la manifestation, le messager de l’humanisation rêvolutionnaire en cours… comme avenir. Il/elle concourt à la vitale instauration d’un pluriel mode de vie humain planétaire. Actant-clown, bouff’ON du roi-client-citoyen, révolté poétlitique le figurent, l’expriment, l’interprètent. Dans la phase de transition, de mutation contemporaine, alors que ce joue le sort de l’espèce, l’insoumission, la résistance, la bénéfique métamorphose, face au comportement suicidaire de l’hommarchandise, promeuvent de surprenants, d’innovants, d’émouvants bouleversements. Devenons des clowns agités de la pensée multiple !

8. à suivre… prochain témoignage bientôt…

 

One Response »

  1. Face au régiment de tristes guignols
    Qui prétend nous mener
    Par le bout du nez,
    L’aventure un peu folle
    De l’art(pied de)nez des clowns,
    C’est déjà une bonne riposte
    Et un bon contrepoison
    Contre l’omniprésente déraison !….

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