Les clowns activistes, qui sont ici chez eux dans ce site, sont des clowns de combat. Leur arme, c’est le rire. Une arme non létale. Qui n’est même pas faite pour blesser, en tout cas pas physiquement. Mais une arme  pour  désarmer !….  Qu’ils dégainent pour neutraliser  l’adversaire,…celui qui est en face, celui avec qui ils sont face à face.

Les clowns activistes ont pour mission d’apostropher par leurs clowneries, par leur clownitude, par la clown attitude, les « forces de l’ordre ». Pour bien leur montrer que ce sont elles qui font désordre. D’apostropher la société, pour bien lui montrer que c’est elle qui est déjantée.

Les clowns d’hôpitaux, c’est autre chose… Celui ou celle avec qui ils sont face à face, nez à nez, c’est l’ami.e. Si on étreint, si on embrasse, ce n’est pas pour désarmer, c’est pour rendre plus fort. Les clowns, souvent des clownesses dans ce régiment là aussi, ne viennent pas pour affronter, mais pour aider, pour tendre la main.

Et pourtant ils se battent, comme celles et ceux de l’Artnez des Clowns. Même si ce n’est jamais contre des gens. Même si ce n’est pas contre la société, même si leur combat n’est  pas du tout politique (quoique…).

Leur action directe à eux, c’est contre la détresse. Celle qui guette sournoisement les enfants malades. C’est contre l’angoisse. Celle qui oppresse sourdement mais sûrement les parents de ces enfants.

Donc finalement activistes ces clowns là, mais sur un autre terrain. En lutte, mais sur un autre front. De vrais clowns militant.e.s, par conséquent.

Même s’il ne viendrait jamais à l’idée de quiconque de les appeler comme ça (sauf sur ce site?). À commencer par elles-eux-mêmes, qui ne s’attribueraient sans doute jamais ce qualificatif…

Et pourtant… ci dessous, un poème pour rendre hommage. à ces merveilleux et merveilleuses clowns…

« Les hopiclowns »

Un petit garçon

Complètement chauve et malade

Qui marche en pyjama

Au bout de sa perfusion,

Ou d’un appareillage pas très folichon,

Dans un long et terne couloir d’hôpital…

Image qui devrait être pathétique,

Presque tragique,

Mis à part le bien-fondé du protocole médical

Permettant d’attendre une guérison…

Mais malgré tout poignante vision,

En suspens au dessus d’un désespoir fatal !….

 

Et pourtant….z

.tout brille de mille feux

Comme une marche triomphale !…

Grâce à deux clowns,

Inattendus en cet endroit

D’habitude plutôt triste et froid !

Oui, un peu froid, l’endroit !…

Même quand il y fait trop chaud !…

 

Il ne faudrait pas croire cependant

Que le personnel soignant soit indifférent

A l’ennui et à la souffrance des enfants !

Quand il peut, il est souriant !….

Mais les traitements qu’il doit leur faire,

Ne sont pas toujours marrants…

Et ce n’est pas de la faute

Des infirmiers et des infirmières

S’ils doivent s’habiller tout en blanc !….

On ne peut pas porter le look antiseptique

Et avoir l’air franchement comique !…


Les soignants sont là

Pour veiller, surveiller, contrôler,

Vérifier, régler, préparer, administrer….

Bref, accomplir un travail exigeant

Et bien souvent écrasant ..!….

Ils n’ont guère le temps

De cajoler les enfants !…

Encore moins de jouer les amuseurs publics !

Ce n’est pas leur rôle d’avoir le beau rôle

En étant cool, super sympa et drôle,

Et en leur faisant un numéro de cirque !…

 

Mais en tout cas,

Même s’ils ont sûrement du

Les regarder du coin de l’œil au début,

Ca fait déjà longtemps

Que quand les clowns sont là,

Ils sont presque aussi contents

Que les enfants ….

Et les parents…!…

A la compagnie du « Rire Médecin »

Les clowns ne sont pas médecins,

Même s’ils aident sûrement à guérir !…

Et les médecins ont pour souci

De faire fléchir la maladie,

Pas de faire rire !…

Mais même si on ne voit pas souvent rigoler

Les chefs des services hospitaliers,

On sait que les clowns sont bien accueillis.

Vous me croirez si vous voulez,

Mais on commence même

A les appeler « Désiré » !….

 

A chacun son métier,

Et les enfants seront bien soignés !….


Nos deux clowns, quant à eux,

Ont vraiment l’air ici chez eux !

Ils n’ont même pas,

-En ce lieu, qui l’eut cru ?!-

L’air incongru !….

Tellement joyeux et harmonieux

Est l’air de flûte

Que joue l’un d’eux…

Et l’autre danse….

Il se balance… et il s’élance….

Une fois à droite,… une fois à gauche…

Et recommence !…

Il pourrait avoir l’air bien gauche,

Mal fagoté comme il est

Et aussi grotesque que possible !…

Mais la flûte le rend léger,

Presque aérien !…

Et, mine de rien,

Avec son copain,

Ou sa copine, on ne sait pas très bien …

(Femme ou homme ?….

Mystère et boule de gomme !….

Si tu devines, t’es bien malin !…..)

Ils ont un effet magique !…

Ils rendent tous les détours et tous les coins

Qui sont sur leur chemin,

Et la longue marche vers les soins,

Pour ainsi dire féeriques !….

 

Bravo, les hopiclowns !…

Pour le sortilège de votre musique !…

Pour votre gros nez rouge,

Vos mains et vos bras qui bougent

Et sans cesse gesticulent!….

Pour toutes vos mimiques….

Vous n’avez vraiment pas peur du ridicule !…

Mais, avec vos bulles de savon,….

MaVos fleurs et vos papillons

surSur vos drôles de chapeaux,

Vous avez pris le chagrin pour cible !….

Fracassant, sous vos airs cucul et lourdauds,

Tous les murs de l’impossible !….

Avec votre mine enfarinée,

Vos yeux qui louchent

Et votre grande bouche,

Vous n’êtes vraiment pas aidés !…

Mais on dirait que ça vous donne des ailes

Pour aller accrocher dans les nuées

A des murs lisses et sans joie

Des décors chatoyants et merveilleux,

Des guirlandes qui rutilent et qui flamboient,

Brillant de mille étoiles et de mille feux

.Comme sur un arbre de Noël !…

 

Ah oui, encore bravo !….

Les zopiclowns et les zopiclownesses,

Pour vos pieds de nez à la détresse

Et vos clins d’œil à la tendresse!…

Avec des petits bouts de quotidien toutgris,

Vous arrivez à faire des tours de magie !…

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